Bonsoir à tous,
Ces deux dernières nuits ont été plutôt riches en nouveautés. Après un exposé plus détaillé de l’organisation de la société (que je vous exposerais à l’occasion dans un article consacré), j’ai pu faire ma première visite à l’Elysium.
C’est là que se réunit la plupart de la ville plus ou moins régulièrement. L’entrée est ouverte à tout membre de notre société 365 jours par an, mais la plupart d’entres nous n’y vont qu’une à deux fois par semaine.
Le mardi étant le jour où le Prince reçoit officiellement, le Louvre ne manquait pas d’animation. J’en profite tout de suite pour répondre aux deux questions que vous devez vous poser: premièrement, “Prince” est le titre que l’on donne à celui qui supervise les affaires courantes de la ville, et, deuxièmement, il se trouve que l’Elysium principal de Paris se situe au Louvre (en dehors des horaires d’ouverture au public, évidemment).
Pour ma première visite, j’étais accompagné par Elisabeth (qui représentait mon Sire, appellé au dernier moment pour gérer une autre affaire du clan) et Rudy. Elle m’a rapidemment expliqué que les jeunes en “formation” tels que moi n’avaient pas encore vraiment de statut au sein de société, et que donc je devais m’abstenir de parler le plus possible (répondre si on me pose une question mais pas plus, ne pas exprimer d’avis personnel, etc). Un ordre questionnable selon moi, mais je suppose qu’en tant que représentante du clan, c’est sur elle que retomberaient les éventuels reproches que l’on pourrait faire à mon comportement.
Première surprise: ce fameux “Villon” que je mentionnais l’autre jour est en réalité François Villon, poète de la fin du moyen-âge et actuellement Prince de Paris, depuis un certain temps semblerait-il! Je serais bien incapable de décrire ma rencontre avec lui, bien qu’elle fut très brêve. Il dégage un tel charisme, un tel rayonnement, une telle aura… digne des plus grands orateurs que l’histoire ai pu connaître. Elisabeth m’a dit et répeté que cette impression ne serait que passagère, qu’il n’était pas aussi “génial qu’il en l’air”, mais pour le moment, il n’en est rien.
Durant la soirée, j’ai pu faire la connaissance de diverses personnes (même si je n’ai parlé avec quasiment aucun d’eux). Contrairement aux idées que j’avais pu m’en faire, aucun d’entre eux n’avait un style vestimentaire vraiment dépassé. Comme quoi, même s’ils éprouvent des difficultés à s’adapter aux technologies modernes, ils ne sont pas complètement déphasés avec la réalité. De toute la soirée, je n’ai vu qu’une personne vraissemblablement dépassée: une femme du nom de Marguerite, habillée avec une robe qui m’a semblé dater de l’époque de la Renaissance. Bizarre. Je me demande si elle fait parti de ce clan dont on m’a dis que la plupart des membres étaient quelque peu… dérangés.
Fort heureusement, tous ne sont pas aussi regardants sur l’âge. J’ai en effet pu faire la connaissance d’une charmante jeune fille prénommée Rose. Elle semble porter peu d’interêt au “protocole” ou au clan de son interlocuteur. J’ai été hélas rappellé assez vite à l’ordre par Elisabeth, qui s’est excusée de mon comportement et à demandé à Rudy de veiller à ce que le reste de la soirée se passe bien. Je ne pense pas qu’elle pensait à mal, mais ça ne lui ferait sans doute pas de mal de voir au delà des convenances de temps à autre. Je suppose que sa position ne lui permet pas de tenir ce genre de propos, du moins pas en public.
J’ai donc passé le reste de la soirée sous la surveillance de Rudy. Sa conversation n’est pas inintéressante, mais je n’avais toujours pas le droit d’émettre un avis, et je gardais un souvenir amer de l’intervention d’Elisabeth. En rentrant, je lui ai demandé son avis sur Rose et elle m’a répondu “bah… si elle arrêtait de faire la fête à longueur de temps, ça nous éviterait des désastres comme ce qui s’est passé à Toulouse”. Je n’ai pas plus de détails sur cette histoire, mais il est clair que je vais chercher à en savoir plus.
Voilà pour cette soirée. J’espère que j’aurais bientôt l’autorisation de dialoguer à ma guise, des gens ayant vu passer autant d’époques ont très certainement des dizaines d’histoires passionantes à raconter. J’ose à peine imaginer que je pourais peut être parler de périodes datant de plusieurs siècles à des gens qui les ont vécu. Peut être mardi prochain, qui sait?