Les religions, superstitions et autres croyances ne sont pas l’apanage exclusif des humains. Les vampires possèdent eux aussi toutes sortes de légendes. Parmi elles, on trouve celle de la Géhenne, sorte d’apocalypse vue par les vampires.
Il existe une sorte de “bible” vampirique, appelé Livre de Nod, censé raconter notre histoire, nos origines, et potentiellement, notre futur. J’émets à propos de ce genre de textes les même réserves que pour les livres saints des diverses religions humaines: si l’histoire qui y est retranscrite possède un fond de vérité (probablement transmis par tradition orale jusque là), elle a sans aucun doute été déformée au fil du temps par l’imagination de leurs conteurs. De plus, je n’ai hélas pas encore pu avoir accès au texte à proprement parler, seulement à un résumé obtenu en comparant les versions de plusieurs interlocuteurs (Tremere ou non).
Cette “fin du monde” est présentée comme une sorte de rappel à l’ordre, un moyen de remettre les pendules à l’heure, et, comme souvent dans les scénarios d’apocalypse, la confrontation du vampire à son jugement. Selon la légende, les plus anciens vampires, fondateurs des treize clans, en sommeil depuis des millénaires, se réveilleront et élimineront leur progéniture. Certains me l’ont conté comme un châtiment infligé aux jeunes, une façon de mettre un terme à leur “décadence”. Concernant le sort des humains (on m’a parfois regardé bizarrement lorsque j’ai demandé des détails sur ce point), les avis divergent: vous pourriez très bien y survivre comme en mourir tous. Une lecture du texte original devrait me permettre de clarifier cela.
Selon certains, ces “nuits finales” sont pour bientôt. En effet, le livre prophétise qu’un certain nombre de signes annonceront l’arrivée imminente de cette fin des temps. La plupart sont liés à une décadence du peuple vampirique, on évoque notamment la “dilution du sang”. Il est vrai que la puissance des vampires diminue au fil des générations, au point que l’on raconte que certains ont plus de traits humains que vampiriques (on dit qu’ils peuvent sortir en plein jour, qu’ils peuvent tomber malade, …). Certains extrémistes les éliminent à vue, espérant qu’ils retarderont ainsi l’inévitable.
Le point de vue “officiel” de la société vampirique moderne est que tout ceci n’est qu’un mythe, et que les légendaires fondateurs sont morts depuis des lustres. N’importe quel vampire tenant un discours inverse dans un endroit public risque au mieux la risée de tous, au pire une punition ordonnée par le Prince pour lui apprendre à tenter de déclencher une panique générale.
Il existe cependant une faction en marge de notre société qui croit dur comme fer à ces légendes, et dit chercher activement des indices leur permettant de localiser et de détruire ces anciens avant l’heure fatidique. Dans la pratique malheureusement, la réalité est toute autre. Bien qu’ils clament avoir détruit deux de ces anciens par le passé, aucune preuve tangible des faits n’a jamais été trouvée. De plus, ils refusent l’autorité établie par la société vampirique, déclenchant des insurrections quand ils le peuvent. On raconte que certaines villes sont tombées sous leur coupe, et que la situation n’est pas jolie à voir depuis lors. Ces changements ne sont pas nécessairement visibles pour des humains, car bien que fanatiques et misanthropes, ils ne sont pas complètement stupides et font en sorte de ne pas faire trop de vagues dans les médias. Cependant je ne doute pas que les gouvernements finissent par constater un changement inexplicable dans leur statistiques (morts, criminalité, …).
La morale de l’histoire serait-elle qu’au final, vampire ou non, la religion reste la première cause de conflits? Cette conclusion est selon moi un peu trop facile, la religion étant plutôt un pretexte déclencheur qu’une véritable cause. Je ne connais pas encore assez la société vampirique pour être certain de mon affirmation, mais il est probable que l’organisation sociale des vampires en soit la véritable cause.
Bonne soirée et soyez tranquilles, en France, Villon veille 